Entre l’honneur et le fric…

octobre 30, 2008 by Christian Lemelin  
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Je m’étais juré de ne pas commenter l’Affaire Jeanson. Y’en a plein d’autres qui peuvent le faire mieux que moi.

Ce qui me fait revenir sur ma résolution, c’est de voir l’argent (perdu ou gagné, c’est selon), encore une fois, motiver l’essentiel de certaines réactions. La honte et le déshonneur, sur un tas de fric, ça vaut quoi?

Toutes celles et tous ceux qui ont été floués par le clan Jeanson devraient comprendre que si grande soit la richesse ($), elle n’a aucune valeur si elle est associée à la supercherie.

La rage, la colère et la haine sont des sentiments négatifs, destructeurs dont il faut s’éloigner.

Avoir la conscience tranquille, ça n’a pas de prix!

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Des «commanditaires» indispensables: les parents

octobre 29, 2008 by Christian Lemelin  
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Note aux lecteurs: Au fil de nos conversations, en cet été 2008 qui fait maintenant partie du passé, j’ai proposé à Christopher Bernard de tenter l’expérience «journalistique» et d’écrire un ou quelques textes pour le site que vous consultez présentement. Le jeune coureur cycliste de Gatineau - il évoluera en catégorie junior, en 2009 - ne s’est pas fait prier très longtemps et il m’a proposé deux sujets que j’ai aussitôt acceptés. Le premier portait sur le club cycliste Val-des-Monts, un club de patinage de vitesse qui a élargi sa mission. Le deuxième, ci-dessous, porte sur l’apport inestimable des parents dans le cheminement et le développement des jeunes athlètes. Bonne lecture!

GATINEAU - L’an prochain,  je vais entreprendre ma sixième année dans un sport que j’adore, la course cycliste.

Non, je ne suis jamais allé aux Jeux olympiques, ni aux Championnats du monde.  Je n’ai jamais gagné un championnat un canadien ni même un championnat québécois.  On peut facilement s’imaginer alors, que les commanditaires ne se précipitent pas sur moi pour que je porte, que j’utilise ou que j’endosse leurs produits. 

Pourtant, durant toutes ces années, malgré les contre-performances, les déceptions et que les bris de matériel, j’ai eu des commanditaires qui ont su me rester fidèle : mes parents, Caroline Martel et Alain Bernard. 

Mes parents m’ont toujours supporté dans la pratique de ce sport, et c’est pourquoi j’aimerais leur dédier ainsi qu’à tous les autres parents qui supportent leurs enfants, les lignes qui vont suivre.

Dès qu’on parle d’engagement, dans un sport, il faut aussi penser aux parents. «Au début, nous étions tous en processus d’apprentissage. Il fallait compter au moins une heure par jour d’entraînement et s’assurer que leur encadrement soit convenable», faisait remarquer ma mère, Caroline Martel, une de mes fidèles commanditaires. «Il faut aussi considérer l’engagement monétaire.  Quand on commence, dans un sport, il faut partir à zéro.  Pour le cyclisme, avec deux enfants, ça coute cher!», renchérit mon père, Alain Bernard, lors d’un tête-à-tête pour préparer ce texte.

Et ces histoires de parents rendus complètement fous, dans les arénas, à cause de prétendues injustices envers leurs enfants, mes parents y voient d’évidentes exagérations. «Il faut pousser les enfants avec des objectifs réalisables.  Les jeunes qui font du vélo, au Québec, en pensant devenir le prochain Lance Armstrong vont bientôt être déçus!»,  lance, en ricanant, mon père. «Il faut être un phare pour nos enfants, en tant qu’adultes, nos enfants vont nous voir réagir d’une certaine façon et penser qu’il s’agit de la bonne manière d’agir.  Lorsqu’on est témoin d’injustice, il faut prendre ça en respirant par le nez et, surtout, apprendre a ses enfants à faire valoir leurs droits d’une manière logique.»

On le sait, équiper un athlète pour une saison entière peut représenter un investissement fort important, «C’est sûr que c’est beaucoup d’argent, mais quand on décide de s’impliquer dans un sport avec ses enfants, il faut être prêt à mettre l’argent sur la table, ça fait parti de la «game».  Il existe des programmes de bourses et d’aide financière, probablement pas assez, mais ils sont là.  Si tu ne fais pas d’efforts pour les trouver, tu ne pourras probablement pas en bénéficier.»

 «Ce qui aide le plus quand on démarre, c’est le monde qui comprend tout ce que ça représente d’être un athlète amateur.  Dès nos débuts, nous avons eu l’aide de Vélo2Max, une boutique de Trois-Rivières à qui nous devons une fière chandelle.  Puis est venu SDV*TI pour Audrey ainsi que Peak Centre et Pierre Hutsebault», enchaîne mon père Alain..

En terminant, un parent commanditaire parfait, est-ce que ça existe?   «Je ne crois pas qu’il y ait une véritable formule parfaite», commente ma mère, Caroline Martel.  «Tout est une question d’équilibre. Si tu as trois enfants mais que tu mets tout sur un seul, simplement parce qu’il fait du sport, alors il n’y a plus  d’équilibre.  Il faut savoir aussi quand être là pour son jeune et quand se faire oublier après une course.»

Comme je le disais au tout début, j’ai eu de la chance.  Mes parents n’ont jamais compté les heures et les efforts pour nous encadrer.  J’ai eu la chance d’avoir des parents formidables qui m’ont toujours montré le bon exemple et qui ont toujours tenté de m’aider, au meilleur de leurs connaissances, pour que je m’améliore. 

Je crois que le sport amateur repose sur ça, des enfants qui font le sport par plaisir et des parents qui supportent leurs enfants du mieux qu’ils le peuvent.  Trop souvent on essaye de nous vendre du sensationnalisme avec des parents qui s’en prennent aux arbitres, au détriment des parents qui, comme les miens, accompagnent leurs enfants et les aides à se développer.

Il faut toujours se souvenir que derrière chaque athlète professionnel, il y a des parents qui ont sacrifié beaucoup de choses pour permettre à leurs enfants d’atteindre de plus hauts niveaux.

Christopher Bernard

Mes parents, Caroline Martel et Alain Bernard, n'ont pas gagné ces plaques, trophées et médailles, mais sans leur contribution, leur soutien, la collection serait sans doute beaucoup plus modeste.

Mes parents, Caroline Martel et Alain Bernard, n'ont pas gagné ces plaques, trophées et médailles, mais sans leur contribution, leur soutien, la collection ne serait pas la même.

 

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Audrey Bernard dans la liste des athlètes identifiés de la FQSC

octobre 28, 2008 by Christian Lemelin  
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Désignée athlète espoir féminin (route) de l’année 2007 par la Fédération québécoise des sports cyclistes (FQSC), Audrey Bernard* se retrouve, cette fois, sur la liste des 78 athlètes identifiés pour l’année 2009.

Quatrième au classement de la Coupe du Québec et au classement FQSC/Sports Experts, catégorie cadet, en 2008, la jeune cycliste de Gatineau pourra, ainsi, bénéficier d’un crédit d’impôt qui l’aidera à poursuivre sa route vers l’excellence.

Blessée au coude lors d’un entraînement (cyclocross), le mois dernier, Audrey est sur le point de reprendre l’entraînement en vue de la prochaine saison. «Mon coude est encore un peu sensible mais j’ai retrouvé pratiquement toute ma mobilité. Le retour à l’entraînement régulier, faudra voir avec Pierre Hutsebault, mais c’est sans doute pour très bientôt», indiquait-elle, du domicile familial, hier soir.

Et cette place dans la liste des athlètes identifiés? «Ça donne encore plus envie de recommencer la saison. L’hiver va être long!»

La liste des athlètes identifiés (route et piste) compte six catégories. Elle est révisée trois fois par année et c’est la dernière mouture (octobre) que vous pouvez consulter au: http://www.fqsc.net/excellence/lairp.htm . On y retrouve, entre autres, Charles Dionne (excellence), David Boily (relève), William Garneau (relève), Élisabeth Albert (relève), Anne-Marie B. Morin (relève) et Édouard Garneau (espoir 1).

* Audrey Bernard utilise un vélo en titane SDV*Ti.

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Le défi de la FQSC: la relève

octobre 8, 2008 by Christian Lemelin  
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Conversation avec Sylvain Richard, coordonateur, route-piste-paracyclisme, à la Fédération québécoise des sports cyclistes (FQSC), pour dresser un bilan sommaire de la saison 2008 (route).

Le but n’était pas de se livrer à un exercice rigoureux mais de jaser, librement, de ce qui s’était passé et des observations qu’on pouvait en tirer. La plus importante, aux yeux de Sylvain Richard, porte sur la formation et la relève. «C’est le plus grand défi de la Fédé», constate-t-il. «Dans les années 90, nous avions réussi à nous démarquer. Après avoir atteint un pic, on constate que d’autres provinces sont en train de nous rattraper. La Colombie-Britannique et l’Ontario, avec des vélodromes intérieurs, sont maintenant en mesure de former des coureurs de vitesse. On est en train de perdre l’avance qu’on avait…»

Un jour, il faudra bien revenir à la charge avec un équipement adéquat, au Québec, car, avouons-le, la saison 2008, sur piste, a été plutôt «ordinaire». Épreuves annulées, faible participation… Heureusement, l’émergence un peu inattendue de David Boily, aux championnats canadiens sur piste, aura mis un peu de baume sur les plaies.

«Il y a des cycles, des hauts et des bas. Actuellement, on remarque un plafonnement, sinon un léger recul au niveau de la participation. Pour renverser la tendance, il faudra améliorer le concept d’Équipe du Québec, donner un sentiment d’apartenance et avoir une vision à long terme. Les camps d’entraînement, la sélection… plein d’éléments doivent être revus et améliorés pour inciter les athlètes à s’engager et à le rester pendant plusieurs années.» Car le décrochage, ça n’existe pas qu’à l’école.

Le développement du cyclisme féminin reste préoccupant. La volonté est là. Des programmes tels Modèles au féminin pourraient, éventuellement, améliorer la situation, mais il faudra s’armer de patience et espérer que quelques athlètes assureront, par leurs performances, un rayonnement ou un effet d’attraction plus prononcé. Mais quand on voit Jeannie Longo, à 50 ans, rester à l’avant-plan du cyclisme féminin, on se console en pensant que le phénomène n’est pas exclusif au Québec.

«La relève chez les entraîneurs, les commissaires et les organisateurs doit également être assurée. Faudra voir comment on pourra appliquer, auprès des entraîneurs, les nouvelles orientations de l’association canadienne. Actuellement, on travaille avec des données qui n’ont pas été mises à jour depuis bon nombre d’années.

«Du côté des commissaires, il y a présentement un clivage entre les plus anciens et les rares jeunes qui se pointent. Pour le bon fonctionnement des courses, pour la sécurité des athlètes, il faut s’assurer d’une relève compétente, de ce côté», poursuit Sylvain Richard. Les jeunes ne font pas la file, il faut les intéresser à ce travail et les former adéquatement.

«Quant aux organisateurs, on est encouragé par l’entrée en scène de Jean-Michel Lachance (Tour de Québec) et Guy Vaillancourt (Grand Prix Les Cèdres…). Ils ont fait de belles choses et on se doit de les encourager. À Québec, par exemple, nous allons soutenir Jean-Michel Lachance pour que le Tour de Québec revienne et s’implante comme événement majeur dans la saison. Il faudra, cependant, qu’il soit mieux placé dans le calendrier.»

En ce qui a trait aux orientations pour la saison 2009, les membres de la FQSC en discuteront plus à fond lors de l’assemblée générale annuelle qui aura lieu le mois prochain (8-9 novembre), au Château Mont-Sainte-Anne. Le Gala du Mérite cycliste québécois aura également lieu à cet endroit, ce même week-end. On y honorera les athlètes les plus méritants et tous ceux qui, de près ou de loin, ont permis au cyclisme de poursuivre sa route, au Québec, en 2008.

À tous les niveaux, des coureuses et des coureurs ont retenu l’attention, au cours de la dernière saison. Dans le groupe Espoir, en particulier, où Joakim Albert (minime) et Adriane Provost (cadet) ont souvent donné le ton. On les verra à un niveau supérieur, en 2009, et, sans aucun doute, d’autres jeunes, à leur tour, sauront faire la manchette…

Pour en savoir davantage sur les classements de la saison 2008: www.fqsc.net.

 

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Audrey et Christopher sur la touche!

septembre 21, 2008 by Christian Lemelin  
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«Incroyable! Je n’ai jamais vu ça depuis que les jeunes font de la compétition…»

Alain Bernard n’en revenait pas. Samedi soir, il m’envoie un courriel pour m’annoncer que Christopher, son fils, s’est fracturé une jambe, lors d’une séance d’entraînement de cyclocross, à Ottawa.

«Mauvaise nouvelle, Christopher a eu un petit incident lors de sa pratique de cyclocross, ce matin. Une mauvaise chute lui a valu une belle visite à l’hôpital. Résultat: double fracture (péroné et tibia) juste au-dessus de la cheville. Alors, la saison de cyclocross qu’il entreprenait avec beaucoup de plaisir est à l’eau. Prévisions, un bon 3 à 4 semaines dans le plâtre et 6 semaines sans faire de sport», écrit Alain Bernard, dans son message.

On se préparait pour une compétition, à Magog. La famille s’y rend malgré tout, Audrey étant déjà inscrite à la compétition du dimanche.

Mais le destin avait encore envie de frapper.

Coup de fil chez les Bernard, en fin de journée, dimanche. À l’autre bout, le paternel m’apprend la nouvelle. La loi de la moyenne? Mmmm… Toujours est-il que l’imprévisible est arrivé. Alain m’apprend la suite et en rajoute, un peu plus tard, dans un autre courriel. «Allez-vous me croire si je vous dis que nous avons respecté notre plan et que nous sommes quand même allés à Magog pour la course, afin qu’Audrey y prenne part? Pendant la période d’échauffement, Audrey a fait une mauvaise chute à son tour et elle a subi une dislocation du coude gauche. Je ne peux pas y croire! Donc, demain (lundi), rendez-vous chez l’orthopédiste pour les deux kids.»
 
Tous les deux très actifs sur le circuit québécois de courses sur route depuis quelques années, Audrey* et Christopher sont tombés au combat en même temps, pratiquant une nouvelle discipline qui devait les garder en forme pour un bon moment, avant de reprendre l’entraînement spécifique, en vue de la saison 2009.

Christopher a pris le contretemps avec un brin de philosophie. «Ça va me donner plus de temps pour écrire des articles… » Il y a quelques jours, sur ce site, Christopher nous avait livré un premier texte, sur le club cycliste Val-des-Monts, texte qui avait soulevé un bel intérêt, dans le milieu.

Sa soeur cadette, Audrey, sera, quant à elle, immobilisée pour une couple de semaines. «Je complétais une descente de reconnaissance et il y avait un virage à 180° que je n’ai pu compléter. Le gazon était mouillé, j’ai glissé et, pour absorber le choc, j’ai mis ma main au sol. Le coude a lâché. La douleur était très intense, sur le coup, mais la blessure ne sera pas trop longue à guérir. Une attelle pour environ deux semaines et un peu de réhabilitation… Après, le cyclocross, je ne sais pas encore…»

Deux blessures dans la même fin de semaine, si ce n’est pas un record, c’est une saprée bonne moyenne!

La verdure aura joué un vilain tour à Audrey Bernard...

La verdure aura joué un vilain tour à Audrey Bernard...

* Audrey Bernard utilise un vélo en titane SDV*Ti.

 

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CPVVDM: vous connaissez?

septembre 18, 2008 by Christian Lemelin  
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NOTE AUX LECTEURS: Au cours de la dernière saison, j’ai eu l’occasion de m’entretenir régulièrement avec Christopher Bernard, un jeune coureur cycliste qui, l’an prochain, évoluera dans les rangs juniors. Reconnaissant, en lui, de belles qualités d’analyse, je lui ai proposé de tenter l’expérience de l’écriture. La famille Bernard étant maintenant installée dans l’Outaouais, Christopher a répondu positivement à mon invitation et il nous présente, aujourd’hui, des gens qui font partie de son nouvel environnement. Voici donc, ci-dessous, le texte qu’il a écrit, pour le site sdvnouvelles.com. Bonne lecture!

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Le paysage du cyclisme au Québec n’avait pas beaucoup changé depuis quelques années. Certaines équipes avaient changé de commanditaires, mais rien de nouveau sous le soleil, jusqu’à l’arrivée d’une nouvelle équipe venant d’une région délaissée par le circuit québécois: l’Outaouais. Portrait d’une jeune équipe pleine d’ambition.

Il y a trois ans, le club cycliste Val-des-Monts donnait ses premiers coups de pédale. Formé à l’origine pour que les patineurs puissent garder la forme et l’esprit d’équipe durant l’été, le club a changé rapidement de vocation lors de sa deuxième année d’existence en se dotant d’une licence de la Fédération québécoise des sports cyclistes (FQSC). «Au début, on faisait des courses régionales et on a adoré ça», commentait Éric Rancourt, président de l’équipe, lorsque je l’ai rencontré pour cette entrevue.

 «C’est Jérôme, l’aîné de la famille, qui nous a fait redécouvrir le cyclisme sur route, lors d’une course pour la sélection des jeux du Québec. Il raffolait de ça on pouvait le voir sur son visage durant toute la course. À la fin de la compétition, il nous a confié qu’il aimerait vraiment faire d’autres courses et c’est comme ça qu’est née l’idée de démarrer une équipe.»

Redécouvrir? «J’ai fait deux courses en tant que cadet lorsque j’étais plus jeune. Il y avait un gars à l’école qui en faisait et il était assez bon, alors j’ai décidé d’essayer ça, mais après ces courses, plus rien.» 

Démarrer une équipe, c’est une bonne idée, mais c’est beaucoup de travail? «Oh mon Dieu! C’est tellement de travail et de paperasse pour essayer de trouver des commanditaires, des coureurs ainsi que des entraîneurs, il faut être patient, car c’est très long. Heureusement, Sylvain Richard ainsi que la fédération étaient là pour nous encadrer et nous aider, ça n’aurait probablement pas été possible sans eux.»

Est-ce que les commanditaires étaient réticents à l’idée de vous aider? «Les commanditaires ne veulent pas s’embarquer tête première dans une aventure qui n’est pas encore concrète, et c’est normal. Le président de West of Quebec Wheelers, John Large, nous a aidés au départ. En Outaouais, le problème, c’est que les gens voient le vélo comme soit un moyen de transport, soit un loisir ou bien un sport pour les adultes. Nous, on essayait de vendre l’idée du sport accessible pour les jeunes, mais ce n’était pas évident. L’un des objectifs lorsque l’on a démarré cette équipe était de promouvoir la pratique du cyclisme dans l’Outaouais.»

Projet qui n’est pas évident lorsque l’on pense que l’Outaouais est une des régions les plus touchées par l’obésité, au Québec, avec un pourcentage de plus de 22%.

En 2010, les Jeux du Québec d’été seront présentés à Gatineau et devinez qui est responsable de l’organisation des parcours pour le cyclisme? Bien sûr, Éric lui-même. Lorsqu’on lui parle de ses objectifs pour ces Jeux du Québec sa réponse est simple.  «On veut au moins un podium, on est chez nous, on a des jeunes pleins de potentiel et l’équipe, l’an prochain, va se concentrer sur le recrutement de jeunes des catégories pee wee et minime, alors, pourquoi pas?» Les parcours sont déjà sélectionnés et il ne reste que quelques petits détails à régler.

En terminant, avec un président aussi entreprenant et des jeunes aussi déterminés, il y a fort à parier qu’Éric Rancourt remportera son pari de bien représenter la région de l’Outaouais au Québec. Ne vous surprenez pas de voir fréquemment quelques noms de cette région dans les résultats, l’an prochain.

Christopher Bernard

Nicolas Rancourt (devant), Marc-Antoine Labelle, Élodie Pigeon, Robin Stec, Jérôme Rancourt, Noémie Carrier et Marie-Alexandre Lemire ont fièrement représenté l'Outaouais, au cours de la dernière saison.

Nicolas Rancourt (devant), Marc-Antoine Labelle, Élodie Pigeon, Robin Stec, Jérôme Rancourt, Noémie Carrier et Marie-Alexandre Lemire ont fièrement représenté l'Outaouais, au cours de la dernière saison.

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Le Tour de Québec a sa place dans le paysage de la Capitale

septembre 17, 2008 by Christian Lemelin  
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La question est de mise: le Tour de Québec reviendra-t-il au calendrier des courses cyclistes l’an prochain? «Il est un peu trop tôt pour annoncer quoique ce soit», répond Jean-Michel Lachance.

Rencontré quelques jours après l’évènement, le jeune organisateur de 21 ans, voulait se laisser un peu temps avant de prendre une décision finale, avant de relancer les opérations pour 2009. On le comprend. Pendant plusieurs mois, il a guidé la barque sans trop solliciter d’appui auprès de ceux qui auraient pu l’aider. Habitué de trimer dûr, en tant que coureur au sein de l’équipe Volkswagen, il s’est rendu compte qu’une course de cette envergure, ça ne s’organise pas en claquant les doigts. «C’est gros, comme organisation. J’ai peut-être surestimé mes capacités, avoue-t-il. Je suis bien content, cependant, d’avoir passé à travers cette expérience et de présenter un bilan, malgré tout, positif.»

Au fil de la conversation, on sent qu’il a envie, vraiment envie de recommencer.

Une compétition de cette nature, en septembre, c’est un pari énorme, un risque élevé sur à peu près tous les fronts. «Environ 75 coureurs se sont désistés en raison de blessures, de la fatigue ou d’un budget épuisé», explique-t-il. C’est pourquoi, dans ses plans, il faudra trouver une plage ou un moment plus propice, pour s’assurer d’un plateau mieux garni, de haut niveau. Un peu plus de 120 coureurs et coureuses étaient sur les rangs, cette année. On peut en attendre plus de 200, maintenant que le premier clou est planté. «Il faut trouver une période, dans le calendrier, où les coureurs seront disponibles, où il n’y aura pas de conflit avec d’autres compétitions. Le mois d’août, peut-être… Les coureurs sont intéressés. Québec, c’est une ville appréciée de tous.»

Ceux qui ont été croisés, à la fin du Tour, n’ont pas hésité à répondre par l’affirmative, quant à leur intention de revenir, l’an prochain… si le Tour revient à l’affiche. «C’est sûr que j’y participerai, si je suis à la maison», confirme Charles Dionne (Successful Living), l’un des principaux acteurs du Tour 2008. Même son de cloche du côté du porteur du maillot jaune, Guillaume Boivin. «La course a beaucoup de potentiel. Un peu mieux placée dans le calendrier, elle aura sans doute beaucoup de succès», affirme le jeune porte-couleurs de l’équipe EVA Devinci. Thierry Laliberté, Ugo Lapierre et Joanie Caron, pour ne nommer que ceux-là, étaient du même avis.

Même les coureurs de l’équipe américaine NorEast, qui ont quitté après l’accident de Joshua Barlett, le samedi matin, ont manifesté leur intention de revenir. Blessé à une main, lors d’une collision avec une automobile qui s’était malheureusement infiltrée sur le parcours, Barlett a été examiné par des médecins locaux mais, pour diverses raisons (assurances…), il a préféré rentrer à la maison pour y recevoir les soins appropriés.

Du côté des commandites, Jean-Michel Lachance avait également fort à faire. L’année 2008, à Québec, était chargée d’évènemetns de toutes sortes. Les entreprises de la région ont été sollicitées de toutes parts. Il se présentait, sans expérience, avec un produit qui n’était pas encore éprouvé. Cette dure étape, probablement la plus difficile du Tour, est maintenant complétée. Il aura, dorénavant, du «concret» à leur montrer. «Les commanditaires n’ont pas été nombreux mais, en revanche, ils se sont tous dits satisfaits de leur participation à cet évènement.»

Quant au déroulement de la compétition, on peut dire, dans l’ensemble, que ça s’est bien passé. «La pluie du samedi ne nous a pas aidés. On comptait beaucoup sur cette étape au coeur de la ville. Mais ça, on n’y peut rien…», concède Jean-Michel Lachance.

L’apport des bénévoles a, comme c’est toujours le cas, largement contribué à la réussite du Tour. «Un point positif. Beaucoup de gens se sont portés volontaires. Sans eux, impossible d’organiser une telle activité», reconnaît le jeune étudiant en administration.

Bémol à ajouter cependant: le sprint du jeudi soir, sur la rue Saint-jean, avait laissé plané quelques doutes. Annoncé comme une course en duo, l’épreuve a plutôt été transformée en contre-la-montre, en solo, à la dernière minute. «Pour des raisons techniques et parce que le nombre d’inscrits n’était pas assez élevé. La course aurait été trop courte», ont fait valoir l’organisateur et le coordonnateur de la Fédération québécoise des sports cyclistes, Sylvain Richard. On aurait dû le prévoir car c’était la première étape, celle qui lançait le Tour. Avec un coude-à-coude explosif, au pied de la porte Saint-Jean, les spectateurs en auraient vraiment eu pour leur argent. On leur a plutôt offert un ersatz qui avait moins d’éclat. Comme dirait l’autre: «on vend un spectacle de Led Zeppelin et, sur place, on nous offre Dan Bigras!» Ça ne se reproduira pas, promet Jean-Michel Lachance.

Tant mieux, car la ville de Québec a besoin d’une course cycliste de haut niveau, bien organisée, qui attirera des dizaines de coureurs et leurs accompagnateurs, sans compter la visibilité qu’elle peut apporter. La région compte également sur un bon noyau de coureurs et coureuses de qualité, sur des jeunes qui ont besoin de modèles et d’incitatifs pour  continuer dans cette voie. Le Tour de Québec pourra les inspirer.

Jean-Michel Lachance a fait ses classes, il a noté les points qu’il doit améliorer. Avec les bases qu’il a établies, il pourra, plus facilement, former une équipe de qualité, sans prendre toutes les responsabilités sur ses épaules. Les coureurs et les coureuses feront le reste!

La question du début, on la pose une autre fois?

 

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